Les photocellules sont le dispositif de sécurité le plus répandu sur les portails motorisés. Elles détectent la présence d’un obstacle sur le trajet du portail et ordonnent l’arrêt ou l’inversion du mouvement. Vendues par paire, elles se fixent de chaque côté de l’ouverture. Ce guide explique leur fonctionnement, la technologie infrarouge sur laquelle elles reposent et les principaux modèles disponibles chez NICE, CARDIN et CAME.
Qu’est-ce qu’une photocellule ?
Une photocellule (aussi appelée cellule photoélectrique ou jeu de photocellules) est un capteur de détection d’obstacles. Dans le domaine des automatismes de portail, elle se compose de deux boîtiers distincts : un émetteur (TX) et un récepteur (RX). L’émetteur projette un faisceau lumineux infrarouge. Le récepteur le capte. Lorsqu’un objet, une personne ou un véhicule coupe ce faisceau, le récepteur transmet un signal à la carte électronique de la motorisation pour stopper ou inverser le mouvement du portail.
Les photocellules font partie des dispositifs de sécurité exigés par la norme européenne EN 13241-1 pour tout portail motorisé. Elles s’installent sur les piliers ou les murs de chaque côté de l’ouverture, face à face et à la même hauteur. On les retrouve aussi sur les portes de garage sectionnelles, les barrières levantes et les portes industrielles.
La technologie infrarouge
Les photocellules de portail utilisent la lumière infrarouge pour créer leur faisceau de détection. L’infrarouge est un rayonnement électromagnétique dont la longueur d’onde se situe au-delà du rouge visible, entre 700 nm et 1 mm environ. Les photocellules d’automatisme émettent dans le proche infrarouge, autour de 950 nm (valeur indiquée dans la notice technique des CARDIN CDR999). Ce rayonnement est invisible à l’œil nu.
L’émetteur contient une diode GaAs (arséniure de gallium) qui produit le faisceau infrarouge. Ce faisceau est modulé à une fréquence porteuse (25 kHz sur les CARDIN CDR999) pour éviter les interférences avec la lumière ambiante (soleil, éclairage artificiel). Le récepteur contient un phototransistor accordé à cette même fréquence. Il ne réagit qu’au signal modulé de son émetteur et ignore les autres sources de lumière.
Cette modulation explique pourquoi les photocellules fonctionnent en plein soleil. Le récepteur filtre le signal et ne cherche que la fréquence porteuse de son émetteur. Les conditions météorologiques (pluie, brouillard, poussière) peuvent toutefois réduire la portée effective. Les fabricants indiquent généralement deux portées : une en conditions normales et une en conditions dégradées.
Comment fonctionne une paire de photocellules ?
Le fonctionnement se déroule en quatre étapes. L’émetteur est sous tension en permanence et projette son faisceau infrarouge vers le récepteur de manière continue. Le récepteur capte ce faisceau et maintient un contact électrique fermé (normalement fermé, NF) sur la carte de la motorisation. Tant que le contact est fermé, la motorisation considère que la voie est libre.
Dès qu’un obstacle coupe le faisceau, le récepteur ne reçoit plus le signal. Il ouvre le contact. La carte électronique interprète cette ouverture comme la présence d’un obstacle et envoie un ordre d’arrêt ou d’inversion au moteur. Le temps entre la coupure du faisceau et la réaction du moteur est très court : 30 ms sur les CARDIN CDR999 en mode simple, 100 ms en mode multiplexé.
Le comportement exact du portail après détection dépend de la programmation de la carte. La motorisation peut s’arrêter sur place, se rouvrir entièrement, ou inverser le sens du mouvement. Chaque fabricant documente ces réglages dans la notice de la motorisation.
En pratique, que se passe-t-il ?
Prenons le cas d’un portail en train de se fermer. Un véhicule arrive et coupe le faisceau infrarouge. Le portail s’arrête et se rouvre. Le conducteur passe sans risque de collision avec le vantail.
Si le véhicule se trouve déjà dans la zone de passage, les photocellules maintiennent la détection en continu. Le portail ne peut pas se refermer tant que le faisceau est coupé. La fermeture ne reprend qu’une fois le passage dégagé. Le même principe s’applique dans le sens inverse : un véhicule qui sort pendant la fermeture coupe le faisceau, et le portail se rouvre.
Les photocellules ne détectent que ce qui passe dans l’axe exact de leur faisceau. Un objet situé au-dessus ou en dessous du faisceau ne sera pas détecté. C’est pour cette raison que certains installateurs posent deux paires à des hauteurs différentes (50 cm et 100 cm) dans les zones avec enfants en bas âge ou à fort passage piéton.
Les marques de photocellules
Trois fabricants dominent le marché des photocellules pour automatismes de portail en France : NICE, CARDIN et CAME. Chacun propose des gammes adaptées à différents usages.
NICE (Italie)
NICE est l’un des principaux fabricants d’automatismes en Europe. Sa gamme de photocellules comprend les NICE EPM (15 m, IP54, montage en applique). Les EPM remplacent les anciens modèles NICE MOF. Les NICE EPMB ajoutent la compatibilité BlueBus (branchement sur deux fils). Les NICE PH200 atteignent 30 m avec des têtes orientables. Les photocellules NICE sont incluses dans la plupart des kits de motorisation NICE (ROBUSKIT, X-MetroKit, TOONA).
CARDIN (Italie)
CARDIN, fondé en 1974, propose une gamme large. Les CARDIN CDR999 (10 m, IP55) sont un modèle d’entrée de gamme avec têtes orientables et mode multiplexé (jusqu’à 3 paires). Les CARDIN CDR 973AX (15 m extérieur / 30 m intérieur, IP66) offrent un boîtier plastique antichoc renforcé. Les CARDIN CDR852A atteignent 60 m de portée avec un boîtier aluminium antivandale (IP66) et un trimmer de réglage de sensibilité.
CAME (Italie)
CAME propose une gamme allant de la DIR10 (10 m, IP54) à la DLX30CEP (30 m). Les photocellules CAME se branchent sur les bornes CX/CY en contact NF sur les centrales ZBX7N, ZLJ24 et ZM3E. Pour le diagnostic, le test et le dépannage des photocellules CAME (code erreur Er4, configuration C1/C2, alignement), nous avons rédigé un article dédié : Comment tester une photocellule CAME.
Autres marques
MOOVO (gamme distribuée par NICE) propose des photocellules économiques (MOOVO MP, 10 m, IP44) compatibles avec les motorisations MOOVO et NICE. Les photocellules CARDIN VEDO180 (25 m) existent aussi sous la marque TELCOMA avec une référence différente. BFT, FAAC et SOMFY proposent des photocellules propres à leurs motorisations.
Comparatif de cinq modèles
| Modèle | Portée | Alimentation | IP | Particularité |
|---|---|---|---|---|
| NICE EPM | 15 m | 24 V | IP54 | Montage en applique, angle 10°, remplace les NICE MOF |
| CARDIN CDR999 | 10 m | 12-24 V AC/DC | IP55 | Têtes orientables (90° H / ±30° V), multiplexé jusqu’à 3 paires |
| MOOVO MP | 10 m | 12-24 V | IP44 | Compatible motorisations MOOVO (gamme NICE) |
| CARDIN CDR 973AX | 15 m ext. / 30 m int. | 12-24 V | IP66 | Boîtier antichoc, têtes orientables, double portée int./ext. |
| CARDIN CDR852A | 60 m | 12-24 V AC/DC | IP66 | Boîtier aluminium antivandale, trimmer sensibilité, portée pro |
Pour un portail résidentiel standard (3 à 4 m d’ouverture), une portée de 10 à 15 m est largement suffisante. Les modèles à 60 m (CDR852A) sont destinés aux entrées industrielles, aux parkings et aux passages de grande largeur.
Installation et hauteur de pose
Les photocellules se fixent sur les piliers ou sur les murs de chaque côté de l’ouverture. L’émetteur et le récepteur doivent être alignés et à la même hauteur. La hauteur de pose recommandée par les fabricants est de 50 cm du sol. À cette hauteur, le faisceau passe au niveau du pare-chocs d’un véhicule et détecte aussi les piétons debout et les enfants.
Le câblage se fait en basse tension (12 ou 24 V) depuis la carte électronique de la motorisation. Les détails de branchement varient selon les marques et les modèles de centrales. Pour les motorisations CAME (bornes CX/CY, fonctions C1/C2, code erreur Er4), consultez notre guide Comment tester une photocellule CAME. Pour les motorisations NICE, les modèles EPMB se branchent en BlueBus sur deux fils.
Questions fréquentes
Les photocellules sont-elles obligatoires sur un portail motorisé ?
La norme EN 13241-1 impose la présence de dispositifs de détection d’obstacles sur tout portail motorisé. Les photocellules sont le moyen le plus courant de remplir cette exigence. D’autres systèmes existent (bords sensibles, détection d’effort). Les photocellules restent le dispositif de référence recommandé par les fabricants.
Les photocellules fonctionnent-elles la nuit et en plein soleil ?
Oui. Le faisceau infrarouge est modulé à une fréquence porteuse (25 kHz sur les CARDIN CDR999). Le récepteur ne réagit qu’à cette fréquence et ignore la lumière ambiante. Les photocellules fonctionnent aussi bien de nuit qu’en plein soleil. Seules les conditions de brouillard épais ou de pluie battante peuvent réduire la portée effective.
Peut-on mélanger des photocellules de marques différentes ?
En théorie, toute photocellule alimentée en 12-24 V avec un contact NF peut se brancher sur n’importe quelle carte disposant d’une entrée photocellule. En pratique, il est préférable d’utiliser des photocellules de la même marque que la motorisation. Les NICE EPMB, par exemple, utilisent la technologie BlueBus propre à NICE et ne sont pas compatibles avec les centrales CAME ou CARDIN.
Peut-on installer plusieurs paires de photocellules ?
Oui. Certains modèles comme les CARDIN CDR999 disposent d’un mode multiplexé permettant de brancher jusqu’à 3 paires sur le même circuit. Une seconde paire installée à 1 m de hauteur améliore la détection des piétons adultes. Sur les centrales CAME, les entrées CX et CY permettent de brancher deux paires indépendantes.
Mes photocellules ne fonctionnent plus, que faire ?
Vérifiez l’alignement, nettoyez les lentilles, contrôlez le câblage sur la carte. Si le problème persiste, testez en rapprochant les deux cellules à 1 m l’une de l’autre. Si elles fonctionnent à courte distance, le problème vient de l’alignement ou d’une portée réduite par la météo. Pour les photocellules CAME, notre article “Comment tester une photocellule CAME” détaille la procédure pas à pas.